|
English version |
||
|
|
|||
|
|
|||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||
|
En 1973, la First National City Bank décide d’ouvrir une nouvelle succursale à Cochabamba en Bolivie et choisit pour le poste un directeur Américain avec une bonne connaissance interculturelle. Celui-ci en question commença par s’informer : Cochabamba avait alors une population aux alentours de 250.000 habitants ; il s’agissait d’une ville isolée, avec une population métisse, de langue quechua, dont l’activité tournait autour du cuivre de Patiño. Il y avait à l’époque 6 banques considérées comme privées et leur taux d’intérêt mensuel était de 6%. Le directeur continua sa recherche : Qui étaient donc les actionnaires de ces banques ? Les clients ? Quel rôle jouait une banque dans la société bolivienne de l’époque ? Quelles étaient ses fonctions ? Etc. Il dressa un tableau comparatif de ces données :
Sur la base de son expérience préalable et de ses observations sur place et afin d’atteindre des objectifs de croissance et de développement pour sa banque, le nouveau directeur développa une stratégie inédite. Attirer un public jamais considéré jusque là comme digne d'intérêt : les femmes. Il les avait observé sur les marchés et avait remarqué qu'elles gardaient leurs billets sous leurs grosses jupes colorées, les collas. Son succès fut tellement notoire, nous a rapporté Glen Fisher – diplomate et spécialiste interculturel américain - qu’il finit par éveiller des susceptibilités au niveau politique. Il n’y a pas de doute : l’approche cross-culturelle permit au directeur de découvrir des différences d'approche au-delà du sens figé d’une institution, d’un concept, d'un mot. Cette recherche lui permit de trouver des interstices pour agir. Ne devrions-nous pas chercher davantage "d'interstices" alors qu’en pleine globalisation, on constate que sous une apparence superficielle de similitude, tellement de différences émergent parfois avec pudeur, parfois avec violence ? L’Amérique Latine et l’Argentine en particulier, sont sans doute bien placés en raison de leur histoire -ancienne comme récente - pour être les portes paroles de cette vision multiculturelle. Pourquoi l’Argentine spécialement ? Parce que l’immigration européenne y fut tellement majoritaire qu’elle s’est toujours sentie l’héritière européenne en Amérique du Sud, préférant nier ses racines communes avec l’Amérique Latine et snobant ses voisins pendant des décennies. Le long enchaînement d’erreurs et des crises rend possible, pourtant, la modification progressive de cette vision. Si au niveau de la société – dans la vie quotidienne, dans la rue – il y a un phénomène d’identification perceptible à la culture du continent Latino américain, l’Etat reste pour sa part encore largement enfermé dans une vision unilatérale du monde. C’est donc à la société civile de s’ouvrir d’avantage, de renforcer son intégration au continent en jetant des passerelles et de revendiquer une vision de son avenir au travers d’une nouvelle approche multiculturelle et d’une revendication de bonne gouvernance. Cette démarche permettra peut-être de trouver les interstices nécessaires à la construction d’un monde, certes globalisé mais capable de respecter et de valoriser ses innombrables différences et multiples richesses. Il faut sûrement pour ce faire beaucoup de créativité et de courage.
Laura Bertone, spécialiste en
communication interculturelle, a vécu à Paris
pendant 20 ans et en rentrant
en Argentine, son pays d’origine, a créé EVOLUCION, un bureau de consultants
axé sur la communication et les problèmes reliés au langage. Elle a organisé
des réunions en Argentine et
en
France avec les spécialistes français en gestion de crise, Patrick Lagadec
et Xavier Gilhou avec qui elle a écrit :
"Voyage au Coeur d’une Implosion. Ce que l’Argentine nous enseigne." Eyrolles, Paris: 2003. Laura Bertone
|
|||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||
|
|
|||
|
Diseño web y optimización: http://www.paginadigital.com.ar
|